l'aurore
Le Corbeau dit "Que la terre se transforme en sable brulant et poussiéreux : des oasis seront versé d'une eau transparente et aussi fraiche que le vent. Les pommes seront déjà au pied de l'arbre, prêtent à être savourer.
Le Corbeau dit "Ces oasis seront en apparence un endroit paisible, mais au contacte de vos lèvres sur ce breuvage inespéré, celui-ci se transformera en sable. Les pommes au contacte de votre peau se transformera en ciment.
Que le désert produise des êtres vivants selon leurs espèces modifiés : bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leurs espèces" et il en fut ainsi.
Le Corbeau dit "Vous serez infertile, sans aucune chance de propagation, vos puits s’assécheront, et l'air sera étouffant." et Le Corbeau vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eu un matin, ce fut le cinquième jour.
Le livre poussiéreux des "Steppes du roi corbeau"
Genèse I.A.5
Dès le début de la ville, Teia avait pris un genre... halluciné, presque mystique, pour nous révéler qu'il y avait une grande instance au dessus de nous. Devant notre air dubitatif, Teia grimpa sur un amas de caisse, pour déclamer ses prophéties à tout va. Selon lui, plusieurs êtres supérieurs nous observaient, nous épiaient, et voulaient de nous que nous agissions selon leurs désirs. Ce jour-ci, il était catégorique : nous devions faire un tas, le plus imposant possible de choses brillantes, qu'importait le métal. Nous étions sûr d'y arriver assez facilement grâce à nos pelles aiguisées.
Il n'avait pas l'air en grande forme, le pauvre, et ca n'a ne semble pas s'arranger à l'heure actuelle, alors nous avons avons décidé, tous ensemble, de lui faire plaisir avant qu'il ne soit trop tard. Téia disait peut-être vrai, en priant ces dieux, ils nous apporteraient la miséricorde que nous méritions....
Tout le monde s'était pris au jeu. Nous avions écumé le désert à la recherche de tubes de cuivre, de bouts de tôles, de précieuses vis. Peu avant minuit, l'heure fatidique, c'était devenu une obsession, un genre d'hystérie collective.... Certains creusaient à l'intérieur même de leur taudis, d'autres démontaient fiévreusement des appareils, à coup de marteau des fois, pour dénicher une vis de plus....
Il en fallut de peu pour que dimhell ne se fasse étriper par sebbreack qui était sûr de l'avoir vu avaler une vis!
Ce fut le moment choisi par Paradisio qui déboula vers onze heure hors de sa tente... L'air hagard, l'écume aux lèvres, il se mit à nous haranguer :
"Réunissez tous les objets dans la banque ! Où est le registre, je dois écrire, on a plus le temps... sortez, prenez la clé, la clepsydre !"
Plusieurs regards circonspects se tournèrent vers lui. La lassitude se lisait dans les yeux, mais aussi une inquiétude : Paradisio venait-il de sombrer dans la folie ? Je ne sais plus qui a eu cette remarque, pensant que Paradisio avait surement été touché par le doigt divin, et était devenu ainsi le nouveau prophète de la ville. Du coup, nous avons obéi.
En quelques minutes, après une agitation sans équivalent, nous déposions les dernières offrandes. Nous n'avions pas fière allure, couvert de sable collant, du sang séché sur nos vêtements, des plaies et des bleus un peu partout. Nous ne pouvions plus nous laver depuis hier, pas avec le peu d'eau que nous avions ......
L'air satisfait, Paradisio eût un sourire un peu démoniaque, en contemplant le tas étincelant... Puis, il remarqua la porte ouverte, et fut à nouveau pris de panique.... Il ne nous fallut pas longtemps pour comprendre qu'il n'avait pas été véritablement possédé, mais simplement victime d'insolation... Le notion du temps lui avait échappé, et il pensait déjà que les hordes allaient nous envahir, nous poussant à laisser nos objets éparpillés.
Trop tard, il venait de finir de compléter notre registre. Nous avons tenté de raturer et d'améliorer du mieux que nous pouvions les mémoires que nous compilions, pour des temps meilleurs...
Le temps ne nous manquait pas finalement. Nous nous sommes regroupés, afin de parler de l'avenir, de ce que nous pouvions envisager. Le seul à rester un peu en retrait fut Phybz... Le matin, il s'était levé avec une face livide. Nous avons d'abord songé à une maladie, mais après plusieurs heures il avait repris du poil de la bête, et il nous observait avec ..... appétit. C'est quand il a mordu le bras de Nebuleuse en nous hurlant de le retenir que nous avons compris.... Il n'était plus vraiment l'un des nôtres. Il a dit qu'il se sentait capable de se retenir, pour le moment, et qu'il souhaitait rester avec nous et nous aider . Nous le surveillons étroitement, mais si il devient vraiment dangereux à l'heure actuelle..........
Je ne devrais peut-être pas écrire ces mots ici, mais nous songeons à nous débarrasser de lui. En une journée, ses sautes d'humeur augmentent, et nous ne pouvons pas monter la garde toute la nuit. Je dois dire qu'il nous fait peur! Violy garde le coupecoupe à portée de main, "au cas ou", comme il dit. L'autre solution serait de l'enfermer. Mais faire ça ..... Est-ce que nous vaudrons plus que ces zombies, à traiter l'un des nôtres comme cela ?
Nous avons décidé de nous entretenir, pendant que Phybz recompte inlassablement les morceaux de viande que nous possédons. Nous avons beau creuser, l'eau commence à manquer, et malgré nos tentatives de fouilles dans le désert, nous ne trouvons rien qui nous assurera quelques jours de survie. Nous avons bien trouver les plans de deux tours, mais aucun de nous n'arrivent à en comprendre l'intérêt.
La situation se dégrade, et malgré une cohésion de façade, nos convictions sont ébranlées un peu plus chaque jour. Ce soir, nous nous coucherons avec une lueur d'espérance... Le tas de nos offrandes déborde de la banque....
Sachez, si vous lisez ces mots, qu'il reste encore un peu d'espoir dans les Steppes du Roi Corbeau....
Registre des Steppes du Roi Corbeau, cinquième jour