Une vie de chien
Ahlala, j’en ai assez de dormir dans cette fichue panière, agrémentée de cette odeur nauséabonde. Ma maîtresse pourrait me faire une petite place sur sa couchette… Mais il est vrai qu’elle non plus ne dort pas dans des conditions idéales…
Après lui en avoir touché un mot (aboyé dessus), elle décida d’améliorer notre confort, en passant d’une tente à un taudis… Qu’elle idée ! Mis à part des murs en bois, rien n’a réellement changé, si ce n’est que maintenant, le vent s’engouffre dans les brèches situées entre deux planches ! –Caille, caille-.
En faisant mon tour habituel en ville, à la recherche de derrières à renifler, je remarque que mon ami
Touque, lui, vit dans de meilleures conditions : son maître Fridoche lui a construit une baraque, avec des murs en brique ! Lui au moins ne doit pas avoir de mal à dormir sur ses deux oreilles, sans être dérangé par les cris, que dis-je, les hurlements, qui proviennent des putrides.
Mais il y a encore mieux que sa demeure (si, si, ça existe !). Je vous le concède, il est rare de voir de telles habitations par ici, mais elles ne sont pas utopie ou légende, je vous l’assure ! Pour preuve, mon compagnon de jeu
Moustitro ! Avec Ackod, ils ont une bâtisse digne des plus grands : une table järpen, des chaises (pour y recevoir des convives sans nul doute), plusieurs chambres avec matelas,… Ma moitié en rêve, moi, j’en bave !!
Continuant ma petite ballade, me voilà à l’affût d’une lichette d’eau. Je me dirige vers le puits : déception, il est tari ! La pompe que les humains ont mise en place est pourtant en fonction, mais ils ne pensent pas à leurs bêtes, ils ont tout englouti ! S’il ne pleut pas bientôt, je vais être contraint d’avaler la bave de mes congénères... –beurk-.
J’entreprends alors d’aller guetter les abords de la ville, via la tour érigée aux portes de cette dernière. Nombreux de mes amis à trois pattes ont eu le droit à une promenade aujourd’hui encore, contrairement à moi. D’ailleurs, en voilà plusieurs qui rentrent chargés comme des mulets -un comble pour des bichons- ! Que d’objets intéressants dans leurs baluchons ! Quand je pense qu’on n’a même pas le droit de jouer avec l’un d’entre eux, même pas le mâchouiller ou mordiller un peu… -Grrrr-.
Je n’ai pas vu le temps passer, que déjà la nuit était tombée. Les humains sont encore sur le qui vive : ils sont tout excités ! Jusqu’à la dernière seconde avant l’heure fatidique, ils étaient à la recherche d’objets, qui restaient cachés. Qu’elle idée de jouer à cache-cache à une heure si indue ?? Incroyable tout de même : ils nous interdisent de jouer, mais eux, ne se privent pas ! Quel culot ! Ils pourraient nous donner quelques os, mais même ça on y a pas le droit. De vrais égoïstes !
La révolution des bichons n’est pas loin, parole de chien !
Wachatif.