Combien de temps ?
Combien de temps ?
Combien de temps vais-je encore survivre ?
Combien de nuits encore les mort-vivants vont-ils me tourmenter sans m’achever ?
Il y a 3 jours, une foule compacte de zombies s’était massée, nous poussant dans nos derniers retranchements. Au matin, nous étions fous de joie d’avoir réussi à contenir le flot, et d’être encore tous ensemble. Mais quand nous découvrîmes l’étendue des dégâts sur nos défenses, nous avons vite déchanté. Et quand on nous annonça que le soir on aurait au moins autant de prédateurs, le désespoir nous accabla. Jamais nous n’aurions le temps, les ressources et la force nécessaire pour reconstruire ces murs dérisoires.
Ce soir-là, nous nous étions assemblé sur la Grand-Place des Abîmes des Cordes. C’était grâce à notre union que nous avions réussi à parvenir jusque-là. Nous restâmes serrés les uns contre les autres, à tenter d’y croire une dernière fois, mais quand les zombies parvinrent à briser la porte et passer les murailles, la panique nous pris et nous sépara. Chacun alla se calfeutrer avec son fidèle compagnon dans sa baraque en priant que ces quelques planches tiendraient plus que les autres. Et ce fut le cas, au moins pour une partie d’entre nous.
Une nouvelle journée commençait… il fallait d’abord se charger des sépultures. La mort dans l’âme, nous retournâmes ensuite consulter les plans plus pour tenter de trouver un dérivatif que pour la défense… A la nuit tombée, nous n’avions même plus le courage de nous rassembler : aussitôt les portes branlantes fermées, nous nous étions barricadés chez nous priant la miséricorde de nous épargner, et le corbeau de venir enfin mettre un terme à cette lente agonie.
Ce matin, aucune larme ne me vint… avais-je déjà suffisamment pleuré ? Non, c’est le manque cruel d’eau qui avait tari mes yeux. Machinalement, je participais à l’inhumation de nos nouveaux cadavres, mais je ne cherchais pas à les identifier, je n’étais pas capable de supporter la perte de ces nouveaux amis. Certains tentèrent une percée dehors, et espérant me changer les idées, je m’équipais comme autrefois : une précieuse gourde, un œuf sur le plat, un tournevis, et quelques armes dans mon sac à dos. Pourtant dès notre arrivée dehors, la peur nous assaillit. Prenant notre peu de courage à deux mains, nous avançâmes pour le bien de la ville, mais nous n’avions pas fait 3 pas que nous dûmes reconnaître que nous étions incapables d’aller plus loin.
Nous sommes rentrés, la peur aux trousses. Un petit passage aux chantiers, et direct dans ma baraque. Après avoir de nouveau réarrangé mes barricades, je m’effondrai sur le lit. Ni Feutifoune, ni mon PMV ne parvinrent à me dérider. Je savais que ce soir ils reviendraient. Encore une fois, ils pénètreraient dans ma baraque. Ils me passeraient sur le corps…
J’espère juste que ce soir ils seront assez nombreux pour parvenir à m’achever…